Chritine Colonna Césari

Présentation

Bref historique :

Cesarine peint depuis la maternelle, comme tous les enfants, avec déjà le sentiment de l’extrême importance pour elle, de ce mode d’expression qui l’accompagnera toujours, peignant déjà toute petite, de multiples couleurs, chaque pierre du pigeonnier de sa grand-mère . « Aussi loin que je me souvienne, je crois que cela fut mon premier support et je garde encore en moi la trace de ma détermination d’alors. J’étais toute petite et le mur immense mais je n’aurai renoncé pour rien au monde ! » Plus tard, elle refuse l’année du bac, de se laisser définitivement emprisonner, dans les règles académiques de la peinture. Elle peint ses premières œuvres naïves sur toile, à la vinylique dans les années 70, adopte le pseudonyme de Cesarine au début des années 80; elle a vécu et exposé à Vence, fait des meubles peints et s’est abreuvé avec passion, à la source des plus grands peintres naïfs, à la Galerie Odile Harel, spécialiste en peinture naïve, alors mondialement connue. Elle participe ensuite, entre autre, à Paris aux expositions des peintres du Marais. Elle a l’occasion de faire du naïf géant, en décorant les murs et les portes de peintures naïves, dans un foyer d’enfants où elle travaille. En 1980, elle à l’honneur d’être invitée par Marie-Christine Hugonot, à participer à l’exposition des plus grands peintres naïfs contemporains qui a lieu à la Galerie de Nesle à Paris. Elle se remet à peindre en 2006, après une longue interruption consacrée à l’enseignement du yoga et à la publication, avec la joie de retrouver intactes les mêmes sources d’inspiration et la conscience accrue de la concrétisation des énergies de l’âme, à travers la création artistique. Cesarine est aussi un écrivain célèbre, publiée aux éditions Médicis, où elle dirige la collection Nouvelles Naissances et un professeur de yoga dont la notoriété n’est plus à faire.

Ce qu’elle pense de la peinture naïve :

« La peinture est pour moi, l’expérience intense de la descente du spirituel dans la matière où concentration, amour du beau, notions d’équilibre et de pureté, précision, sens des couleurs sont pleinement utilisés ; c’est aussi le don absolu, la matérialisation du meilleur de soi et la liberté totale ; celle que rien ni personne ne peut annihiler, justement à cause de cette dimension si personnelle, si juste et si spirituelle de l’art. Lorsqu’une œuvre est réussie, aussi modeste soit-elle, elle nous donne le sentiment d’avoir toujours existé au pays de l’âme et de se mettre à vivre par elle-même, de manière autonome, avec une force étonnante et irréversible. Ces rencontres avec la vie de mes peintures me donnent un grand sentiment de gratitude et je continue de penser que ce sentiment est primordial. C’est un sentiment qui habite le pays de la joie, la seule réponse aux vicissitudes de la vie sur terre.

Je ne saurai pas et ne voudrai pas faire autre chose que du naïf, parce que je suis incapable de me couler dans un moule, d’accepter qu’on me dise comment dessiner et peindre ; ce que l’on me proposait lorsque j’étais enfant, me donnait le sentiment de m’enfermer, de me limiter, me trahir . Cela m’ennuyait profondément. Très sensitive, je percevais le fond des personnes et si elles menaçaient ma créativité. Ce n’est jamais facile. Il y a souvent ce fond de rébellion, mêlé à la volonté de conserver son innocence chez les artistes naïfs, qui ont une approche allégorique, symbolique et magnifiée de la réalité, extrêmement instinctive ou intuitive, parfois transcendante et lumineuse, très rarement sombre et tourmentée. On peut dire actuellement que le renouveau du naïf est en marche, le succès extraordinaire du film « Séraphine » le montre, parce que les gens ont besoin de cette fraîcheur, de cette candeur comme une bouffée d’oxygène et de cette liberté, cette indépendance ! ce retour au spontané, au primitif quoi ! Généralement, la peinture naïve est très gaie ; elle nous renvoie à notre enfant intérieur, créatif et ludique. Elle nous dit aussi que l’on peut retranscrire avec talent, les splendeurs du monde, même sans connaissance académique, en les passant comme tout artiste par le filtre de sa propre sensibilité. C’est vraiment le message des peintres naïfs et j’ai vu avec étonnement cet automne, des salles entières de cinéma s’identifier religieusement à « Séraphine ! »

Son style :

De son expérience personnelle, Cesarine tire un style naïf épuré, très personnel, plutôt zen, sans remplissage ni multiplication qu’elle juge inutiles mais au contraire avec la recherche d’un équilibre de couleurs, entre les vides et les pleins, organisé autour d’une libre respiration de l’espace. L’horizon est dégagé, les personnages rendus plus présents par cette vision, sont incrustés dans le paysage tel des joyaux, comme des éléments de cette harmonie naturelle et participent de par leur présence à un message fort. On retrouve également dans sa peinture, l’importance qu’a eu durant son enfance, son contact étroit avec la nature. Cela se traduit par une recherche d’harmonie entre l’homme, la nature et les couleurs et d’un symbolisme spirituel profond, au sein de cette simplicité. Ses personnages sont gracieux, vivants et présents, issus d’une volonté de maîtrise du corps dans le mouvement qui se veut caractéristique de sa peinture. Chaque toile est porteuse d’une histoire particulière, dans le plus pur style de la tradition naïve.