Il était une fois : la légende des toiles

Les peintres naïfs adorent raconter des histoires à travers leurs œuvres. Découvrir la signification d’une toile, peut aider à mieux la comprendre, l’apprécier et la voir vivre sous nos yeux.

Dans un contexte où la recherche d’harmonie et de communication avec la nature est omniprésente, voici racontée, l’histoire, le début de l’histoire, de la plupart de mes peintures.

Dans chacune, vous pourrez dérouler peut-être le fil de l’histoire…

Angel et Fiorica dans les Carpates

Cette toile parle de la joie des enfants, de pouvoir à nouveau courir en liberté, en osmose avec la nature. Je me suis inspirée de la petite église de Lemn dans les Maramures, au Nord de la Roumanie, qui comme beaucoup d’églises traditionnelles roumaines des Carpates, sont construites en bois ; de préférence en haut d’une colline, pour être plus près du ciel. Les rubans sont un symbole d’union dans la tradition populaire. Mais il y a bien d’autres choses dans cette toile…

Matisse et Brancusi au Paradis

Cette toile met en scène, une rencontre au Paradis entre mes deux artistes préférés, Matisse et Brancusi, grandes et belles âmes naïves et généreuses. Ils s’appréciaient de leur vivant et l’on peut ainsi imaginer Matisse redisant toute son admiration à Brancusi, pour la simplicité et l’authenticité de son art de sculpteur. Et comme au Paradis, rien n’est impossible, voici que nos deux compères se retrouvent devant la merveilleuse porte de bois sculptée par Brancusi, actuellement conservée au musée Brancusi de Beaubourg, à Paris.

La halte rom

En voyage depuis la nuit des temps, le peuple rom a survécu à bien des invasions, des déportations, des migrations et des tentatives pour éradiquer sa culture. Au cœur de la Transylvanie, les clans roms mirent au point les stratégies du caméléon grâce auxquelles, après avoir quitté le Penjab, ils purent se disperser en Europe en évitant de subir les persécutions de l’Inquisition. Cette toile parle de ces femmes de l’éternel voyage, dans une de ces haltes au cœur des forêts profondes.

Cette toile raconte mon admiration pour ce peuple mémoire et sa force d’âme, qui a vu tant de civilisations disparaître au fil des siècles, sans jamais se laisser détruire lui-même, qui a su préserver sa culture, ses traditions, sa langue et sa solidarité inter ethnique. Les tziganes du monde entier se disent tous frères et égaux et espèrent toujours en un monde meilleur ; tout en vivant dans l’instant, ils prient au pied d’Ambika, la déesse mère primordiale, devenue Sarah- la -Noire. Aujourd’hui encore, les roms qui s’appellent entre eux les fils de l’Etoile, se considèrent comme le peuple mémoire de l’humanité, gardien de la pureté originelle de l’humanité, celle d’un temps où le « péché originel » n’existait pas.

La cavalière à la Maïastra La cavalière à la Maïastra

Cette toile est un hommage aux Haïdoucks, bandits d’honneurs, qui sévissaient autrefois en Roumanie, prenant aux riches pour donner aux pauvres, chevauchant épris de liberté au cœur des forêts profondes où ils se cachaient. Quand à la Maïastra qui accompagne la cavalière, c’est un oiseau mythique des contes populaires roumains ; sorte de gardien des pèlerins de l’âme, elle pousse un cri magique, lorsqu’ils se sentent égarés, afin de leur éviter de se perdre en route, dans leur quête spirituelle. Le grand sculpteur que fut Brancusi a fait connaître la Maïastra, dans sa propre version épurée, au monde entier.

Libertate ! Libertate !

Pendant la révolution roumaine de décembre 1989, qui vit la chute du dictateur Ceauscescu, la population avait arraché le symbole communiste, du centre du drapeau national. Cette toile est un hommage aux nombreux enfants et adolescents roumains (ils furent parait-il plus nombreux que les adultes), qui ont donné leur vie pour la liberté, en brandissant cette bannière ; en ces jours de décembre, le ciel était rouge au dessus de Bucarest et les corbeaux s’enfuyaient vers l’Est.

La méditation de Constance La méditation de Constance

Cette toile nous parle de la nécessaire solitude pour assouvir les besoins profonds de l’âme. Elle rend hommage à la méditation, qui à l’écart des bruits et fureurs du monde, permet au regard contemplatif, dans une re création constante, de mieux percevoir les beautés de la nature.

Rituel à la première étoile

Grande amoureuse de son peuple et de sa culture, la Princesse roumaine, Marthe Bibesco, nous raconte dans son roman Isvor, comment les filles à marier de son domaine, allaient au temps de Pâques, prier la première étoile du soir, après avoir empli leur cruche d’eau, avec cette incantation rituelle: « Oh la plus étoilée d’entre les étoiles, mon étoile, ma petite étoile, brille à ma place aux yeux de celui qui m’aime. Va chercher mon bonheur là où il se trouve- attire toutes les bénédictions et laisse les tomber avec tes rayons dans cette cruche pleine d’eau que je porte. Cette nuit elles fleuriront comme un bouquet et demain, quand je me serai lavée avec cette eau sainte, je deviendrai odorante comme le basilic, et belle comme toi, étoile des étoiles ».

Les popes Les popes

Serviteurs d’une religion orthodoxe tolérante, qui puise ses racines dans un paganisme ancestral où la lune, le soleil et les étoiles veillent au fronton des maisons et sur la crucifixion de Jésus, voici père Isidor et père Virgil. Ils sont les gardiens de l’une de ces merveilleuses petites églises toutes en bois des Maramures, au nord de la Transylvanie. Construite elle aussi, au sommet d’une colline pour être proche de Dieu, elle est surmontée d’une tour gothique prolongée par un long clocher effilé qui lui donne une beauté, une grâce et une spiritualité sans pareilles. On pourrait passer sa vie à peindre ces merveilleuses petites églises roumaines, semblant sortir tout droit des contes de fées !

Le rêve de Brancusi Le rêve de Brancusi

Cette toile à voulu réaliser le rêve de Brancusi, en le plaçant tout en haut de sa Colonne sans fin, son célèbre monument, érigé à Tirgu-Jiu, sa ville natale ; élan cosmique vers l’infini, reliant la Terre et le Ciel, la Colonne matérialise son désir d’identification avec l’envol de l’oiseau, aspiration qui l’habita toute sa vie. Il disait : « je n’ai cherché toute ma vie, que l’essence du vol…le vol, quel bonheur ! » J’ai voulu dans cette toile concrétiser cette aspiration à rejoindre ce monde spirituel dont les âmes élevées, comme celle de Brancusi, ont la prescience.

Noël dans les Carpates Noël dans les Carpates

Voici un cortège de Noël dans les Maramures, région mystérieuse et magique de la Roumanie du Nord Ouest, où les enfants deviennent des anges et des rois au moment des fêtes de Noël et où les anciennes portent encore les opincis, laine enroulée autour des jambes, tressées de cuir, comme au temps des daces. Cette toile où chaque personnage est ciselé nous raconte la beauté d’un peuple à l’image d’une nature exigeante qui épure chaque contour, chaque geste et chaque élan comme une prière du coeur.

Les enfants de la maison peinte

Maison de bois roumaine aux murs décorés de motifs floraux et d’arabesques, portails et fenêtres ciselés comme de la dentelle, bonnets de laine multicolores et rubans festifs, ornant fréquemment les arbres dans de nombreux rituels… cette toile nous parle de l’art de ce peuple gracieux, que l’on peut trouver au détour de la moindre route de campagne !

Concert à Tirgu-Jiu Concert à Tirgu-Jiu

Voici une petite fille en costume populaire roumain ; dans la pureté du soir qui descend, elle joue de la flûte de pan, debout sur la Table du Silence sculptée par Brancusi, et installée dans un jardin de Tirgu-Jiu, ville natale de Brancusi, en Olténie, au pied des Carpates.

Héloïse et Abélard Héloïse et Abélard

J’ai toujours été très touchée par le destin contraire d’Héloïse et Abélard, par cette passion de jeunesse où s’entremêlèrent la chair et l’esprit, contrariée par la bêtise humaine, et le sentiment d’abandon qu’à connu Héloïse, ce sentiment que les femmes redoutent par-dessus tout. C’est pourquoi cette toile, parle du temps du bonheur, où Héloïse enceinte d’Abélard, l’écoute à moitié philosopher, tout en s’envolant rêveusement ailleurs, ne subodorant pas les fuites et le chagrin qui feront suite à tant de transcendance.

Le mur de mon jardin Le mur de mon jardin

Lorsque j’étais enfant, les soirs d’été, les hirondelles venaient tourner en rondes folles dans le ciel, et autour du clocher. J’étais fascinée par la maîtrise de leur vol, leur rapidité et leur cohérence ; la façon dont elles investissaient l’espace était le plus bel exemple de liberté pour moi. Elles tourbillonnaient en criant me donnant le sentiment qu’elles avaient un message à communiquer. J’ai toujours au fond de mon être, leurs cris de liberté.

Matisse et sa muse Matisse et sa muse

Cette toile raconte l’histoire de la longue amitié entre Matisse et Monique Bourgeois : Celle qui devint sœur Jacques-Marie, connu Matisse très jeune, en devenant sa garde-malade. Elle devint rapidement pour lui source d’inspiration et un modèle dont il aimait particulièrement la chevelure. Plus tard Matisse regretta beaucoup la disparition de cette chevelure sous le voile de moniale. Soeur Jacques-Marie garda toujours une place privilégiée dans le cœur du peintre. Le hasard de la destinée…, mais s’agit-il vraiment de hasard ! les réunit de nouveau à Vence. Elle fut à ses côtés, vigilante et aimante, dans l’élaboration, la construction et la décoration de la chapelle Matisse. Elle participa, malgré les restrictions imposées par son statut de religieuse, à la vie spirituelle, affective et créatrice de l’artiste, telle une déesse antique, l’Eternel Féminin, la lumière, qu’il tenta toute sa vie de concrétiser dans son œuvre. Derrière la lumière translucide des vitraux de Matisse, passe léger, insaisissable tel le vol de la colombe, Le voile bleu Matisse, de Sœur Jacques-Marie !

Le retour des anges Le retour des anges

J'ai rencontré un soir d'automne 2006, dans le métro, cinq jeunes filles très sympathiques, vêtues de couleurs vives, dans l'esprit des sixtees. Il y avait entre elles une grande harmonie et une qualité d'échange très belle, très particulière et très rare, comme je n'en avais jamais vu. J'ai ressenti un grand espoir et un soulagement en me disant que c'était là, la génération de demain. J'ai gardé de cette rencontre, la certitude d'avoir rencontré des Anges sur mon chemin. C'est pourquoi je garde cette toile en souvenir de ce cadeau du Ciel, mais vous pouvez en commander une reproduction sur papier bristol ou papier photo.

Vence des sources et des fontaines Vence des sources et des fontaines

Vence dont je suis originaire est une cité magique, au tellurisme puissant ; sous la ville coule l’eau de deux sources, qui jaillissent en une vingtaine de fontaines provençales, disséminées au cœur de la vieille cité médiévale, ainsi qu’aux alentours. Cette toile parle du mariage de la déesse de l’eau avec celle de la terre, de Vence avec la Grande Déesse Gaïa, du mariage des humains avec la déesse de l’eau. Vence est une ville féminine qui peut aussi symboliser la fécondité et la fertilité de la terre comme de l’amour, dans un même élan, illustré ici par un couple de jeunes mariés